Un journal qui disparaît, c’est à chaque fois un pan de notre liberté d’expression qui bascule.

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J’ai levé de ma boîte à lettres, ce matin, avec tristesse, l’ultime numéro de “LeLac”, un mensuel pourtant à l’image de notre identité culturelle pluriliguiste.

Rédigé en allemand et en français, produit par une infatigable équipe de six personnes sous la direction de son rédacteur en chef et principal contributeur financier, Urs von Gunten, le journal était distribué gratuitement dans 110 communes sises près du Lac de Morat. (À titre anecdotique, mais révélateur du poids, du pouvoir qu’elles peuvent constituer, c’est autant de communes que celles qui, en France, n’ont accordé aucune voix au Front National et en ont fait la déroute électorale).

Tiré à 32’000 exemplaires, ce qui est beaucoup pour un organe de presse régional, “LeLac” diffusait des informations “tous publics”, politiques, sportives, culturelles et touristiques.

Quoique bien loti en publicité – locale, il est vrai, le journal ne pouvait pas tourner sans un investissement financier important (les “grands” annonceurs boudaient le journal, malgré un public-cible attrayant); c’est le réd-en-chef, Urs von Gunten qui essuyait à lui seul la lourde ardoise du journal, y épuisant la plus grande part de sa fortune personnelle pendant plus de …19 ans!

Aujourd’hui, Urs von Gunten jette l’éponge, il prend sa retraite. Aucun éditeur n’a eu le courage de reprendre “LeLac”, le journal disparaît donc aujourd’hui.

Triste. D’autant plus que son initiateur a su prendre l’actuel virage numérique emprunté par la presse écrite; c’est ainsi qu’il proposera encore de nombreux contenus sur son site www.lelac.ch, en lien avec les plus importants sites de la région.

Les efforts et sacrifices d’Urs von Gunten n’auront pas été vains.

Mais néanmoins, un journal disparaît…

Max Jendly, Grandsivaz/FR